Plastimo Lorient Mini 6.50 2024 : petits nouveaux et grandes premières « pour le kif' »


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Lorsque siffle la mélodie des drisses le long des mâts et que de nouveaux visages arpentent les pontons de Lorient La Base, c’est que la Plastimo Lorient Mini 2024 et sa nouvelle promo de 128 Ministes ont débarqué. Entre sérieux et sourires, au rythme des contrôles, briefings et modalités administratives, la pression monte à deux jours du signal de départ, en même temps que s’intensifie le vent et tournent les anémomètres. Le tout sans rien enlever du plaisir d’être là.

On les voit défiler depuis deux jours devant le bureau de la Classe Mini, provisoirement installée au dessus du comptoir Groix & Nature, à Lorient La Base, QG de l’équipe organisatrice de la Plastimo Lorient Mini. L’ensemble des participants à l’édition 2024 finalise ici son dossier d’inscription et récupère là les pavillons, les balises de géolocalisation et les dotations offertes par les partenaires de l’événement. Un passage obligatoire pour les concurrents, à moins de 48 heures du top départ de la première épreuve du circuit en Atlantique, qui sera pour beaucoup leur toute première expérience de la course au large. Sur 128 coureurs, ils sont ainsi 47 bizuths à faire leur entrée dans ce monde nouveau, dont les portes se franchissent souvent en Mini 6.50, entre émerveillement et appréhension. Surtout guidés par une certaine excitation.

« Tout va très vite, pas le temps de me poser trop de questions », admet Alix Jaekel, skipper du Série N°947 (Utopik - Des pieds et des mains) après avoir secondé Antoine Ouvrard l’an passé. « Je suis de celles qui rempilent après avoir participé à la première édition en double mixte obligatoire, mais cette fois en tant que skipper explique-t-elle. Cela faisait longtemps que j’étais attirée par le circuit Mini et que je souhaitais lancer mon propre projet. » Objectif atteint puisque la Rochelaise a depuis été sélectionnée pour courir sous les couleurs de l’association « Des pieds et des mains », l’expérience d’une première participation à la PLM dans les bottes.

Son partenaire d’entraînement au Centre Excellence Voile, Paul Chamley, lui, a déjà pris part à plusieurs courses à bord de son Mini Série N°942, mais ce sera bien sa première « PLM » « avec Laure Doisy, une amie avec qui je faisais du Grand Surprise, ravie de venir sur ce parcours et ce format super intéressant. » Animé par l’envie de bien faire, il confie être à Lorient afin de « prendre du plaisir », tout comme Victor Le Roy, skipper du Série N°943 (Douze étoiles), heureux d’avoir été tout juste « repêché » de la liste d’attente. « Ce sera ma première navigation en course, c’est juste du kif ! » s’enthousiasme-t-il, malgré le contexte d’une participation de dernière minute. « J’ai trouvé ma co-skipper la semaine dernière et j’ai de la chance car elle est très forte : il s’agit de Théa Khelif, qui termine 3e l’an dernier et qui va m’apprendre pas mal de choses. C’est super pour démarrer sans trop de pression malgré le rush. Ça va le faire ! »

La sécurité par la pédagogie

L’art de la débrouille et de l’adaptation inscrit dans les veines, les coureurs en Mini devront également faire la part belle au respect des règles de sécurité dont l’apprentissage est un des fondamentaux de la Plastimo Lorient Mini 6.50. Depuis lundi, les contrôles des équipements de sécurité s’enchaînent avant le grand briefing donné par la flottille 24F de Lann-Bihoué avec la participation de Plastimo, demain, mercredi 3 avril. Et comme toujours avec la Classe Mini, impératif peut aussi rimer avec bon esprit. « Les contrôleurs d’équipement ont pour mission de vérifier que tous les éléments de sécurité sont bien à bord du bateau, explique Virginie Trarieux, mandatée par la FFVoile. Nous passons tout en revue : gilets, bouées, lignes de vie, filières et balises, qui permettent dans le pire des cas de récupérer un skipper tombé à l’eau. En année de nouvelle promo, nous ne nous contentons pas d’un contrôle contraignant, on insiste davantage sur la pédagogie, en leur expliquant à quoi tout cela peut servir. D’autant qu’ils ont énormément de questions sur l’utilité, l’utilisation et l’emplacement de tout ce matériel. Ces contrôles sont toujours un moment de plaisir partagé avec les coureurs, mais ça l’est encore plus avec les petits nouveaux. »

« Nous avons à coeur de vérifier que leurs bateaux, rachetés après la Mini Transat, sont convenablement équipés pour la navigation en double, complète Jean-Noël Tourin, arbitre fédéral et représentant du Comité technique. Et avec tous ces nouveaux coureurs, il est vrai qu’il y a une dimension pédagogique supplémentaire. Nous sommes plus dans le contrôle d’accompagnement que de sanction. »

Les anciens, pour le plaisir aussi

La dimension de partage et de transmission est toujours aussi chère à l’organisation de la course, consciente du rôle de déclencheur de vocation de son événement, ainsi qu’à l’ensemble des coureurs. Car la PLM rassemble chaque année un plateau des plus éclectiques où les anciens ministes eux-mêmes ne manquent pas de générosité en (re)venant faire bénéficier les apprentis skippers de leur expérience. D’autres seront quant à eux de la partie afin de se remettre en selle après leur traversée de l’Atlantique l’an dernier, ou découvrir de nouveaux aspects de la classe. C’est ainsi que Robinson Pozzoli et Sasha Lanièce feront équipe à bord du plan Finot-Conq N°1026 (Uoum) : lui pour se « relancer en compétition après un long chantier d’hiver », avec un objectif de performance lors de Les Sables les Açores Les Sables cet été, elle pour « une première expérience en Proto » et avec l’ambition d’enrichir son bagage technique auprès de son compagnon de préparation de l’an dernier. Et pour eux aussi, de « bien se marrer » pour cette reprise sportive dans des conditions météo qui s’annoncent déjà bien musclées !