The Transat CIC : Début de saison à domicile


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Ils seront 20 skippers lorientais à prendre le départ de The Transat CIC depuis leur port d’attache, ce dimanche 28 avril à 13h30. Sur les 48 marins engagés, en IMOCA, Class40 et catégorie Vintage, ils sont en effet près de la moitié à avoir choisi d’installer leur projet à Lorient La Base, capitale française de la course au large, qui accueille le départ de la plus ancienne des courses transatlantiques. Un atout certain pour de derniers préparatifs « à la maison », avant de partir affronter l’océan Atlantique, par le Nord, direction New York ! Rencontres sur les pontons.

Quels sont les avantages ou inconvénients de prendre part à une course qui part de Lorient ?

Jérémie Beyou, skipper de l’IMOCA Charal : « C’est super sympa ! Ça fait depuis le départ de la Solitaire du Figaro en 2010 que ça ne m'était pas arrivé. C’est un port d’escale et un port de préparation dans lequel nous évoluons toute l’année, donc c’est super d’avoir une grande transatlantique qui part d’ici et à laquelle on peut participer. Je pense que c’est aussi important pour le territoire et pour toute l’agglomération lorientaise, tous les gens qui vont pouvoir venir voir aussi bien les bateaux que les animations autour. »

Samantha Davies, skipper de l’IMOCA Initiatives-Coeur : « Lorient, c’est un peu la Mecque de la voile et de la course au large. Avoir une course qui part d’ici, il ne manquait que ça. C’est chouette, maintenant, nous avons le départ d’une grande transat’ en solitaire ! Après je suis Anglaise, et cette course étant l’ancienne Transat Anglaise, je suis un peu mitigée quand même (rires) ! Mais ça me fait plaisir : le bateau Initiatives-Coeur est basé ici, j’habite moi-même à Lorient, donc je suis fière ! C’est agréable car je vais pouvoir dormir dans mon lit jusqu’à la veille du départ ! »

 Fabien Delahaye, skipper du Class40 Legallais : « C’est pratique, on n’a pas eu à aller très loin avec nos bateaux car nous sommes déjà amarrés au ponton qu’on a habituellement ! C’est beaucoup plus confortable et ça fait plaisir, quand on voit la dynamique tout au long de l’année, d’avoir des événements de cet ampleur qui partent d’ici. C’est une belle reconnaissance pour tout le travail réalisé. Habiter à côté et avoir notre base ici, ça enlève une part de stress dans la préparation, c’est vraiment confortable. »

UNE IMPLANTATION GÉOGRAPHIQUE LOGIQUE 

Nicolas d’Estais, skipper du Class40 Café Joyeux : « C’est génial ! Dimanche matin je vais me lever, je vais prendre ma douche chez moi et je vais me dire : “ Tiens là, je vais à New York en bateau à voile, tout seul ”; Et ça, c’est quand même très chouette. Le seul inconvénient est que je mets plus de temps à me mettre dans la course. Comme on est chez nous, on n’a pas l’impression que c’est un départ de grande course, on a l’impression que c’est la vie normale. »

Isabelle Joschke, skipper de l’IMOCA MACSF : « C’est à la fois hyper chouette de pouvoir partir de la maison parce que c’est confortable, on a notre place ici, notre hangar, notre outillage donc c’est beaucoup plus facile. Et en même temps c’est aussi un piège, d’autant plus que The Transat CIC part très tôt dans la saison. Nous ne sommes pas super prêts et on ne s’est pas mis une pression de dingue parce qu’on n’avait pas un convoyage à faire 15 jours avant, comme ce qu’il se passe habituellement. Donc c’est à double tranchant. »

UNE LOGISTIQUE SIMPLIFIÉE 

Paul Meilhat, skipper de l’IMOCA Biotherm : « L’avantage, c’est que partir de la maison niveau budget, c’est génial. Ça limite également les problématiques de logistique : nous avons notre matériel, notre container, on dort chez nous, on connaît tout par coeur, les infrastructures sont au top, les bateaux ont de la place, etc. Le petit inconvénient, c’est qu’en avant-course on a l’habitude dse se retrouver un peu plus en mode « groupe ». On mange ensemble le soir, on vit en équipe… Là, c’est vrai que c’est moins présent. Mais ça permet aussi aux copains et aux familles de venir nous voir sur les pontons ! »

Justine Mettraux, skipper de l’IMOCA Teamwork-Team Snef : « C’est top ! Ça n’arrive pas souvent et c’est confortable de pouvoir partir de la maison. Ça nous permet de laisser le bateau à son emplacement habituel, l’équipe à ses marques et nous avons notre matériel avec nous. Ça me permet de me préparer depuis chez moi. Ça simplifie vraiment la logistique et c’est très agréable. 

Réussir à se mettre en mode course en partant de chez soi peut-être une difficulté, normalement on a l'habitude d’aller 10 jours avant sur un autre lieu pour pouvoir vraiment se plonger dans la course. Mais ce n’est pas quelque chose qui m'inquiète, la mise en configuration course se fait aussi quand on commence à regarder la météo en détail, à envisager les différents scénarios et ça permet de se projeter dans la course à venir. »

Damien Seguin, skipper de l’IMOCA Groupe APICIL : « Ça change ! Le fait de partir de la maison, aussi tôt dans la saison, ne nous donne pas vraiment l’impression que nous serons en route vers New York dans moins d’une semaine. On a tous remis nos bateaux à l’eau il n’y a pas si longtemps, on est un peu dans le speed, donc ça a des avantages de pouvoir être proches de La Base et d’avoir tout notre matériel sur place. 

C’est aussi sympa de partir de Lorient parce que ça permet aux amis de venir plus facilement voir les bateaux. Les pontons de La Base sont vraiment bien adaptés pour ça, il y a du monde qui passe et c'est très plaisant. »

Kojiro Shiraishi, skipper de l’IMOCA DMG MORI Global One : « C’est génial, ce serait cool d’en avoir plus ! On est à la maison, on arrive à mieux se préparer. En tant que skipper, il y a beaucoup moins de contraintes, je peux rester chez moi me reposer. C’est vraiment bien ! »

 

Quel état d’esprit pour cette reprise, si tôt dans l’année ?

Jérémie Beyou : « C’est une vraie reprise, tous les bateaux ont été mis à l’eau il y a quelques semaines donc ça fait très peu de navigations d’entraînement. Charal est doté d’une nouvelle paire de foils, on n’a pas encore trouvé tous les réglages et tous les secrets, c’est vraiment une transat de reprise. On sait que ça va être intense voire un peu violent, il va falloir trouver le bon rythme. »

Sam Davies : « J’ai hâte de partir, mais c’est quand même un peu stressant car nous allons traverser l’Atlantique nord. Cela ne va pas être facile, il va falloir rester concentrée et optimiser les derniers jours avant le départ pour terminer les derniers préparatifs car nous sommes assez tôt dans la saison ! Ce sera un bon test pour le bateau. »

OBJECTIF VENDÉE GLOBE POUR LES IMOCA, PREMIER TEST POUR LES CLASS40

Nicolas d’Estais : « La saison a déjà bien repris, on a mis à l’eau il y a un mois et demi et on n’a fait que naviguer depuis. Le bateau est archi prêt, j’ai donc bien pu me reposer. C’est chouette de reprendre si tôt, on va rapidement être dans le grand bain de l'Atlantique et l’arrivée à New York va être mythique !  »

Aurélien Ducroz, skipper du Class40 Crosscall : « L’état d’esprit est bon, je suis super content de participer à cette course qui est mythique et de m’essayer à un nouveau parcours. J’aime bien découvrir de nouvelles choses, je n'ai jamais pratiqué l'Atlantique Nord. Toutes ces nouveautés m’éclatent et cette dimension de voyage, d’arriver à New York, c’est quand même assez fou et motivant. »

Isabelle Joschke : « Je n’ai pas beaucoup navigué cette année, mes dernières grandes navigations datent du mois de décembre, donc cette course sera vraiment une remise en route. Et ça va être direct, tout de suite dans du concret ! Ce sera une belle préparation pour le Vendée Globe qui est l'objectif de l’année. »

UNE REPRISE TONIQUE POUR UN VOYAGE MYTHIQUE

Ian Lipinski, skipper du Class40 Crédit Mutuel : « Ce n’est pas une course comme les autres parce que je ne connais pas le parcours. Ça peut être très dur donc je reste un peu sur mes gardes. Je connais bien mon bateau mais les semaines avant les départs sont celles où j’ai le plus de stress à gérer. Une fois que je suis en mer, ça va mieux ! »

Damien Seguin : « Je me sens assez bien et détendu dans le sens où j’avais fait le job les années précédentes sur tout ce qui est qualification, milles etc pour le Vendée Globe. J’aborde vraiment ça sans pression et sur le papier j’ai juste à prendre le départ, je n’ai même pas l’obligation de finir la course. On s’est fixé des objectifs de travail assez importants, je suis déjà sur une démarche qui va vers le Vendée Globe. 

Alan Roura, skipper de l’IMOCA Hublot : « C’est la reprise, on a cumulé seulement 24 heures de navigation depuis qu’on a remis le bateau à l’eau (rires) !  Ça ne nous a pas laissé beaucoup de temps pour tester nos modifications et nos nouvelles voiles, ce sera vraiment une remise en route, pour moi comme pour Hublot. »

 

Et quels objectifs pour cette course de légende ?

Jérémie Beyou : « Ce n’est pas évident de savoir qu’elle sera le rythme à trouver et quel est l’objectif final, ça va surtout être de passer en revu tous les fondamentaux du bateau, voir si tout fonctionne, de bien tirer dessus et de trouver les bons réglages, essayer de naviguer proprement pour être devant. » 

Sam Davies : « D’abord tester le bateau, me tester moi et puis quand même faire de la performance aussi ! D’un point de vue qualification, il me suffit de couper la ligne de départ et je suis qualifiée pour le Vendée Globe. Je n’ai pas d’obligation de finir la course ou d’arriver de l’autre côté, donc je pars sans cette pression là. »

ALLER DE L’AUTRE CÔTÉ 

Fabien Delahaye : « C’est toujours très compliqué de faire des pronostics sur ce genre de transat qui est un peu l’inconnue. On sait que ça va être dur pour les bateaux, que ça va être dur pour nous, mais ça reste avant tout une course. L’objectif sera donc d’arriver et si possible avant les autres. »

Nicolas d’Estais : « Aller le plus vite possible ! Le plateau est très relevé, les places d’honneur vont être aussi chères que d’habitude, il va falloir se battre. Cette course est un peu différente des autres car c’est vraiment un marathon. À la différence des transatlantiques au portant, où c’est souvent le premier à sortir le spi qui arrive premier, là il y aura toujours des occasions de revenir dans le match, jusqu’à la fin.

L’objectif est aussi d’amener ce beau bateau Café Joyeux à New York où un café a ouvert ses portes il y a moins d’un mois, en plein Manhattan. Aller montrer le bateau aux équipes et les emmener naviguer. »

Aurélien Ducroz : « Arriver à New-York et terminer la course car elle conditionne pas mal la suite de la saison puisque la course d’après part de Québec ! J’ai envie de naviguer le mieux possible, sans de trop grosses prises de risque car après avoir perdu mon mât sur la dernière Route du Rhum, j'aimerais aller au bout de celle-là. J’ai un très bon bateau, donc je sais que si je navigue bien, je pourrai tenir les meilleurs. » 

ALLIER PLAISIR, SOLO ET PERFORMANCE 

Paul Meilhat : « La course va être difficile, nous allons naviguer au près, traverser des dépressions… Il va falloir être rapide dans le rythme. Comme à chaque fois, l’objectif va être d’essayer d’aller chercher une cadence assez importante sur les premiers jours car c’est là que ça se joue. C’est important de tout de suite viser la performance et d’être concentré dès les premières heures de course. »

Justine Mettraux : « L’objectif est d’arriver au bout. C’est une course sélective pour le Vendée Globe, c’est important pour moi si je veux vraiment valider ma qualification de terminer cette transatlantique, ça me permettrai d’assurer ma place sur le Vendée Globe. L’autre objectif va être de reprendre mes marques en solitaire, je n'ai pas couru en solo depuis la Route du Rhum en 2022 donc ça fait 1 an et demi. J’ai hâte de me remettre en route toute seule, de reprendre mes marques et de repartir sur un bon fonctionnement en solitaire. »

Alan Roura : « L'objectif est de prendre beaucoup de plaisir en naviguant proprement, jouer avec les bons bateaux et les bons camarades devant. Naviguer sans me mettre trop de pression, c’est comme ça que je fonctionne le mieux, et donc avoir la meilleure place possible à l'arrivée. »

 

 

Photo © Alexis Courcoux / The Transat CIC