logo

Actualités


Afficher toute la rubrique

Indispensable préparation physique

Depuis 2 ans, Stéphane Eliot* encadre les séances de renforcement musculaire chez Lorient Grand Large. L'occasion de faire le point sur les pratiques sportives de nos marins avec le coach et Anna-Maria Renken skipper du Class40 NIVEA…

©EB_LGL2015_Anna-MariaRenken_NIVEA
©EB_LGL2015_Anna-MariaRenken_NIVEA

Le bateau, c'est un support totalement instable, en mouvement permanent et changeant. Les skippers doivent en plus d'assurer leur équilibre, bouger des charges allant jusqu'à plus de 500kg (pour les plus gros bateaux) et ce,  à chaque manœuvre.


En course on navigue souvent avec les voiles sur le pont, explique Anna-Maria. Du coup les voiles sont mouillées c'est du poids supplémentaire à porter. Sans compter qu’il y a des obstacles sur le pont : winches, bouts divers, bref bouger les voiles s’apparente vite à un véritable parcours du combattant.

 

Pour ma part, je n'ai pas de déssalinisateur, j'apporte donc toute l'eau dans des bidons soit pour une transat environ 16 bidons de 5kg. Même chose pour le gasoil (environ120kg). Plus la nourriture, mes habits, pharmacie, le matériel technique….

 

Porter ces poids tout en gardant son équilibre nécessite d'avoir une bonne condition physique. Anna consacre quasiment 2h par jour à sa préparation physique : course à pied, natation, pilate, renforcement musculaire, yoga. Cela inclut également des séances de décontraction musculaire, de récupération… heureusement je ne suis pas en permanence dans l'effort, sourit notre skipper.

 

Si certains coureurs ne sont pas connus pour leur assiduité aux cours de sport, c'est un peu différent pour la nouvelle génération. Les skippers comprennent peu à peu que la prépa physique est essentielle, même si elle n'est toujours pas en haut de la job list quotidienne, explique Stéphane Eliot, coach sportif à Lorient. Stéphane suit les coureurs au large depuis plusieurs années, essentiellement sur du monocoque, IMOCA, Figaro, Class40 et Mini. La préparation physique facilite bien-sûr les déplacements, la rapidité d'exécution de la manœuvre mais au-delà, elle permet une meilleure gestion des efforts et surtout une récupération plus rapide, détaille le coach.

Forcément quand on est bien dans son corps, on est bien dans sa tête, on a un meilleur moral, on dort mieux. Moins fatiguée physiquement je peux me consacrer un peu plus à ma navigation donc à la performance, explique Anna.

 

Stéphane travaille aussi beaucoup sur les postures à bord. Par exemple en Figaro, les skippers restent des heures à la barre, cette position n'est pas naturelle d'autant qu'il faut, en plus, gérer les mouvements du bateau. Je confie donc des techniques de décontraction aux marins. L'idée est de se servir du bateau comme support d'étirement et de prévenir la contracture ou la tendinite qui peuvent vite devenir très handicapantes.

Une bonne prépa physique va permettre au skipper de mieux gérer l'intégralité de sa performance, en conservant sa lucidité même après un effort violent. Au-delà de la musculature profonde, ce sont des choses que l'on travaille à terre : on enchaine un gros effort physique et dans la foulé la réalisation d'un puzzle par exemple ou un exercice de logique. Ces exercices qui paraissent simples à tête reposée deviennent plus compliqués quand on est épuisé physiquement. Là le skipper apprend, à la fois, à mieux connaître ses limites et à les repousser, tout en restant lucide et concentré.

 

Il reste beaucoup à faire en matière de préparation physique de nos marins : qu'elle soit intégrée de manière quotidienne dans leur emploi du temps (réveil musculaire et étirements le soir) ; Plus anticipée dans l'ergonomie générale des bateaux. On voit des sièges moulés mais parfois encore les moulins à café ne sont pas adaptés à la taille du skipper, il suffit parfois d'ajouter juste une cale pour diminuer l'effort et gagner en puissance. On peut aussi travailler avec des médecins sur l'épidémiologie et la gestion des risques à bord. D'autant qu'avec les nouveaux IMOCA et les bateaux volants on découvre de nouveaux efforts pour le corps et de nouveaux modes de déplacements.

 

Le champ d'exploration reste donc vaste dans le domaine. Et Lorient Grand Large s'efforce de contribuer à son niveau : les adhérents bénéficent de 3 séances de sport par semaine. Ils travaillent le fond de base : cardio avec la course à pied, gainage et renforcement musculaire et natation avec Samuel Conan pour les senstions et le cardio.

Nous avons la volonté d'aller plus loin explique Christophe Baudry, directeur de la structure. Nous cherchons un lieu sur Lorient La Base, pour installer une salle dédiée à la prépa physique et pour permettre à nos skippers d'y accéder quotidiennement.

 

*Stéphane Eliot : Lorientais d'origine, expatrié à Paris plus de 11 ans, Stéphane effectue un retour aux sources il y a 4 ans. J'ai toujours été passionné de sport. J'avais commencé par le foot mais l'environnement ne me convenait pas. La découverte du karaté à 16 ans a été une révélation. Avec plusieurs titres de Champion de Bretagne, Stéphane tutoie les championnats de France. Le karaté lui apprend la discipline et surtout un certaine zénitude. Après des études de gestion d'entreprise, Stéphane passe tous ces diplômes d'encadrement sportif. A Paris, il rencontre l'homme à tout faire de Johnny Halliday qui lui ouvre les portes : chefs d'entreprises du CAC40, Stars de cinéma ou de télé, Stéphane travaille avec le tout Paris. Parallèlement, il prend en charge la préparation de sportifs de haut niveau : Equipe de France de Golf et rugbymen.

A Lorient, Stéphane encadre les skippers de Lorient Grand Large lors d'une séance collective de renforcement musculaire tous les mardis. Il suit également individuellement plusieurs skippers comme Jérémie Beyou, Tanguy De Lamotte, Sam Davies, Thomas, Ruyant, Corentin Douguet…

Stéphane Eliot organise enfin 3 fois par semaine des bootcamps sur la plage de Larmor, séances ouvertes à tous….

 

 



enveloppe Imprimante partager sur Twitter partager sur Facebook